02
Août

6 questions fréquentes sur la syllogomanie, la maladie de l’accumulation compulsive !

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La syllogomanie peut toucher tous les profils
La syllogomanie peut toucher tous les profils

En tant que professionnels du débarras de maison, nous travaillons très souvent pour des personnes atteintes du syndrome de Diogène, que l’on appelle également syllogomanie. Cette maladie touche toutes sortes de profils : ses victimes ressentent un mal-être profond qui les empêche de se débarrasser des objets de leur habitation. Souvent diagnostiqué de manière tardive, le trouble pousse les personnes qui en souffrent à se replier sur elles-mêmes. Comment déceler cette maladie ? Votre proche qui vit dans une maison désordonnée peut-il en être victime ? Peut-on en guérir ? Voici quelques éléments de réponse aux questions les plus fréquentes dans le domaine.

Quels sont les principaux signes de la syllogomanie ?

Pour éviter de retarder la prise en charge d’une personne atteinte de syllogomanie, il est primordial de bien connaître les signes qui doivent alerter. Le principal symptôme repose sur l’accumulation compulsive et ses conséquences directes : ces personnes vivent souvent dans des habitations complètement surchargées. On y trouve des cartons, des objets entassés sans aucune utilité, parfois même des déchets qui ne sont jamais jetés. Il ne s’agit pas simplement de personnes désordonnées ou mal organisées : quand vous les interrogez au sujet de cet encombrement, elles ont tendance à nier le problème. Pire encore, elles montrent des signes d’angoisse ou déclenchent des crises de panique à la simple idée de devoir se séparer d’un objet.

Comment différencier la syllogomanie de la tendance à collectionner ou à être mal ordonné ?

Ne prenez pas un collectionneur pour un syllogomane
Ne prenez pas un collectionneur pour un syllogomane

La réponse à cette question a été partiellement développée au moment de présenter les signes de la syllogomanie : contrairement à un collectionneur ou à quelqu’un de mal organisé, le syllogomane vit une situation de dépression ou d’angoisse profonde. Il ne peut pas imaginer ranger sa maison et, surtout, il commence à stresser ou même à s’énerver dès lors que l’on évoque le souci. Il n’est pas rare de voir des personnes atteintes de cette maladie montrer de l’agressivité quand on essaie de les aider, car elles ont tendance à se replier sur elles-mêmes et à refuser les mains tendues. Cette difficulté à communiquer fait d’ailleurs partie des facteurs qui peuvent retarder une prise en charge, voire contribuer à aggraver la maladie.

Quels sont les objets accumulés par un syllogomane ?

La nature des objets dont un syllogomane ne veut absolument pas se séparer aide à distinguer cette maladie de la passion à collectionner. En effet, le collectionnisme, quand il n’est pas maladif, peut toujours se justifier. On va garder des timbres parce qu’on les expose dans un livre spécifique, ou chercher à acheter de nouvelles figurines pour les placer dans une jolie vitrine. Dans le cas de la syllogomanie, les éléments accumulés ne sont pas du tout valorisés, puisqu’ils ont plutôt tendance à s’entasser. De plus, il n’y a aucun prestige ou intérêt spécifique qui justifie de conserver de telles choses. Car la plupart du temps, dans la maison de ces individus atteints du syndrome de Diogène, ce sont surtout des courriers, des vieux magazines, des prospectus ou encore des emballages que l’on trouve.

Qui sont les malades atteints du syndrome de Diogène ?

Tous les profils peuvent souffrir de syllogomanie
Tous les profils peuvent souffrir de syllogomanie

La syllogomanie peut toucher aussi bien les hommes que les femmes, à tous les âges de la vie. Il n’y a pas d’étude sociologique ou démographique qui permette de réellement déterminer des profils plus exposés que d’autres. Toutefois, on observe généralement que les individus atteints vivent seuls. On ne sait pas si la solitude peut pousser à devenir syllogomane, mais on peut facilement comprendre que la maladie est plus difficilement détectée chez ces profils isolés, ce qui lui laisse davantage de latitude pour s’installer. D’une manière générale, cette maladie s’associe souvent à d’autres troubles psychiatriques comme la dépression et l’angoisse poussée à son extrême. Les individus qui en souffrent ont une très faible estime d’eux-mêmes, ils n’aiment pas beaucoup le contact et ils ont tendance à éviter de recevoir des personnes chez eux.

Peut-on soigner les TOC qui génèrent de l’accumulation compulsive ?

Cette maladie est étroitement liée à des TOC, troubles obsessionnels compulsifs : les syllogomanes se sentent obligés de conserver ces objets qui n’ont aucune utilité. Ils ont l’impression que pour eux, il n’est pas possible de vivre autrement qu’en entassant encore et encore. De l’extérieur, on a l’impression qu’un cercle vicieux duquel il est impossible de sortir se dessine. Cet engrenage est une réalité, mais cela ne signifie pas qu’il doit être considéré comme une fatalité. On peut soigner les sujets atteints par le syndrome de Diogène. Théoriquement, on conseille de cumuler plusieurs thérapies en fonction des besoins de chacun. Parfois, on propose par exemple des thérapies cognitivo-comportementales. Des rendez-vous avec un psychologue peuvent être organisés, tout comme un suivi avec un psychiatre afin également de pouvoir donner des traitements médicamenteux. L’approche dépend des besoins de chacun, et seul le médecin peut mettre en place un protocole de soins.

Faut-il débarrasser la maison d’un syllogomane sans son autorisation ?

Nous intervenons pour débarrasser des habitations encombrées à cause de la syllogomanie. Toutefois, nous avons à cœur de travailler dans le respect de chacun. Aussi, pour que ce débarras offre une véritable occasion de prendre un nouveau départ, l’idéal reste de l’organiser avec l’accord de l’individu malade, pour qu’il ne le vive pas comme quelque chose de trop difficile. Quand il est mis en place dans le cadre d’un protocole de soins déjà établi, le débarras professionnel peut vraiment marquer le point de départ d’une transition vers une nouvelle vie, il serait dommage de ne pas saisir pleinement cette opportunité !

Mieux vaut intervenir avec l'autorisation du malade
Mieux vaut intervenir avec l'autorisation du malade

Nous ne sommes pas des professionnels de la médecine et nous souhaitons alerter les personnes qui pensent connaître une victime de syllogomanie : il s’agit d’une véritable maladie pour laquelle il faut absolument mettre en charge une procédure de soins. Toutefois, nous restons à la disposition des sujets souhaitant vider l’habitation d’un proche pour contribuer, à notre niveau, à faciliter la guérison et le retour vers un quotidien plus serein.